QUELS SONT LES CRITÈRES D’UN BON REPORTAGE ?

Du verbe anglais to report ou rapporter, en français, un bon reportage doit nécessairement comporter une partie descriptive de bonne qualité. À ce titre, il contient des détails, dépeint l’atmosphère, présente les personnages, etc. Un bon reportage contient à la fois des parties narratives, descriptives, des portraits et des scènes de vie. Le sujet doit cependant être traité et abordé de manière respectueuse, dans le cadre des obligations professionnelles des journalistes.

Un reportage écrit comporte impérativement dans le corps du texte la réponse à six questions fondamentales : Qui, quoi, où quand comment et pourquoi ? La hiérarchie des informations ainsi construite permet au lecteur d’accéder à toutes les données nécessaires pour comprendre parfaitement le propos du texte. De manière plus générale et quel que soit le média choisi pour le reportage, il doit faire preuve d’un angle d’attaque inédit et pertinent.

Qu’il soit destiné à la télévision, à un journal écrit ou une émission de radio, un bon reportage suit une phase longue et méthodologique d’enquête journalistique. Elle peut être caractérisée par de la recherche documentaire, des rencontres (entretiens, interviews), de la lecture de coupures de journaux, etc. L’investigation permettra au professionnel de l’information d’effectuer une analyse et un résumé des faits.

Un bon reportage est considéré par les professionnels comme la synthèse de tous les autres genres du journalisme. Sa maîtrise nécessite d’être formé aux méthodes professionnelles.

MÉTHODOLOGIE : COMMENT FAIRE UN BON REPORTAGE ?

L’étape préalable de l’investigation doit permettre au journaliste-reporter d’entreprendre un travail d’écriture rapidement et efficacement. C’est aussi la garantie de la qualité du fond de l’article, elle assure la diffusion d’information viable, véridique et basée sur des faits réellement avérés.

Dans le cas d’un reportage télévisuel ou radiophonique, le journaliste doit procéder lui-même aux retouches et au montage de son sujet ou se faire épauler par une équipe de techniciens spécialisés. De nos jours, de nombreux journalistes travaillent de manière totalement autonome et se formant aux techniques du numérique et du digital.

La maîtrise des logiciels de l’audiovisuel leur permet de demeurer indépendants dans chaque étape de la production de leur reportage. À ce titre, l’ISFJ, forme les professionnels de l’information écrite, audio et visuelle en intégrant à ses programmes l’étude des nouvelles technologies.

Produire un bon reportage ne s’improvise pas, il est nécessaire de suivre une formation complète en journalisme. Si la forme finale est destinée à une diffusion en télévision ou en radio, il faut aussi connaître et pratiquer professionnellement les techniques de montage.

QU’EST-CE QUE LE PLAIDOYER ?

 « Un ensemble d’actions pour changer les lois, la politique ou les pratiques des institutions en vue d’une société plus juste. »

Le plaidoyer est une action politique. C’est un moyen pour la société civile d’influencer les décisions et instances publiques, afin de défendre une cause et d’obtenir un changement de société souhaité. Il s’agit d’un processus continu d’efforts stratégiques conjugués visant à améliorer les politiques, pratiques, idées et valeurs de la société. Il renforce la capacité de décision de la société civile et favorise le développement d’institutions, de politiques et/ou de lois plus responsables et plus justes.

Ce qu’il n’est pas uniquement :

 - De la « communication » : le plaidoyer communique des messages précis et peut utiliser la communication pour porter ses messages au niveau médiatique. Mais il ne s’arrête pas à cette étape et vise à susciter une action et créer un changement spécifique.

- Une « plaidoierie » : le plaidoyer peut utiliser le droit international pour appuyer son argumentation stratégique, mais dépasse le niveau juridique pour s’attaquer aux processus politiques, aux jeux de pouvoirs, et à l’influence extra-juridique qu’il est possible d’avoir sur les cibles.

Du lobbying : le plaidoyer peut utiliser le lobbying pour accéder et rencontrer les décideurs. Mais il ne consiste pas à s’asseoir à une table pour discuter de ce que l’on souhaite. Il s’agit de pousser les décideurs à écouter des discours qu’ils n’écoutent pas habituellement.

Une « campagne » : le plaidoyer peut intégrer des campagnes dans sa stratégie, mais il va plus loin. Il utilise et transforme ce soutien en un changement politique.

De la « sensibilisation » : le plaidoyer peut intégrer la sensibilisation dans sa stratégie, pour informer ou faire changer l’attitude d’un groupe de personne, mais vise à changer la société et l’ensemble du système et des valeurs qui la sous-tende.

POURQUOI FAIRE DU PLAIDOYER ? Une organisation s’engage généralement dans le plaidoyer afin d’améliorer la société et d’influencer les lois et les politiques. Les associations et organisations de la société civile peuvent s’en saisir pour défendre une cause, un groupe de population ou encore pour s’opposer à une pratique ou une politique injuste. Tout dépend de ce qu’elles veulent voir changer, et des raisons pour lesquelles ce changement leur parait nécessaire. La décision, pour une organisation, de s’investir dans un travail de plaidoyer doit être mûrement réfléchie au sein de l’organisation. Elle peut présenter une série d’avantages, mais aussi de risques. Avantages pour l’organisation : - Meilleure visibilité : en apparaissant sur la scène publique, l’organisation se fait connaître et prend de l’ampleur médiatique. - Effectuer ses activités de terrain dans de meilleures conditions : si la société et les politiques impactant les activités changent positivement, les activités sont facilitées. - Nouer de nouvelles alliances : s’engager sur le plaidoyer permet de renforcer des alliances existantes ou d’en créer de nouvelles. - Obtenir des soutiens internationaux : les enjeux portés peuvent attirer de nouveaux partenaires internationaux et permettre à l’organisation de créer des liens au-delà de son territoire d’activité. - Renforcer sa base collective : en parlant publiquement, l’organisation devient aussi plus connue des bénéficiaires, et ceux-ci peuvent mieux s’y identifier, se sentant « représentés » par l’organisation. Risques pour l’organisation : - Apparition de nouveaux opposants : en défendant publiquement le changement que l’on souhaite apporter à la société, on peut se créer des opposants, attiser les critiques, et parfois la haine. - Accaparement de ressources humaines et financières : le plaidoyer demande de nombreux efforts à l’organisation en termes de temps, de personnes disponibles et de moyens financiers, sur le long terme. Il est souhaitable d’évaluer à quel point cet investissement de ressources impactera les autres activités de l’organisation.

COMMENT PLANIFIER LE PLAIDOYER ? Dans la mesure où le plaidoyer exige d’opérer dans un système politique complexe et évolutif, au sein duquel la dynamique du pouvoir engendre des conflits, sa planification diffère des outils traditionnels pour la planification stratégique de projet. Le plaidoyer n’est pas un modèle continu et logique, la planification du plaidoyer admet qu’il existe des intentions cachées, des valeurs et des idéologies différentes, des informations incomplètes et des conflits. Pour être efficace et avoir un impact conséquent, le plaidoyer nécessite donc d’adapter les orientations stratégiques aux opportunités et au contexte. La planification et la mise en œuvre du plaidoyer s’exercent alors parallèlement. Chaque action permet d’ajuster les objectifs et les stratégies de l’étape suivante. L’évaluation est une tâche continue du plaidoyer, plutôt qu’une étape finale.